Le plan des « 800 collèges » représente une menace significative pour l’avenir de l’Éducation prioritaire, en détournant les ressources vers des établissements fragiles sans tenir compte des véritables besoins sociaux. Cette initiative vise à renforcer le soutien*** pour les collèges à faibles résultats, tout en négligeant les séquelles d’une politique d’éducation prioritaire laissée à l’abandon. En conservant des groupes de niveau, ce plan pourrait amplifer les inégalités au lieu de les réduire, mettant en péril l’accès à une éducation de qualité.
Pourquoi le plan des « 800 collèges » remet-il en question l’Éducation prioritaire ?
Dans un contexte où l’éducation est déjà confrontée à des défis multiples, le plan visant 800 collèges a lancée une *onde de choc* dans le secteur éducatif. Ce plan, qui cible les établissements affichant de faibles résultats au Diplôme National du Brevet (*DNB*), met l’accent sur une réorganisation spécifique des ressources. En parallèle, la politique de l’Éducation prioritaire, qui devrait à la base apporter des solutions aux élèves en difficulté, se voit redistribuée de manière à privilégier ces 800 collèges.
Cette situation crée un risque d’inégalité croissante entre les établissements. Certains collèges, déjà sous-dotés en moyens, se voient délaissés, alors que les ressources sont reconfigurées pour répondre aux besoins jugés urgents de ces 800 collèges. L’accent mis sur des groupes de niveau dans ces établissements pourrait entraîner une stigmatisation des élèves d’autres collèges, amplifiant les difficultés à l’échelle nationale. Ainsi, la *répartition inégale* des moyens pourrait condamner de nombreux élèves à un avenir scolaire limité.
Quels résultats concrets pour les élèves de ces collèges ciblés ?
Le plan des « 800 collèges » vise à offrir un soutien adapté aux élèves en difficulté, mais force est de constater qu’il soulève de nombreuses interrogations quant à ses résultats. En effet, bien que le maintien de groupes de niveau soit proposé, questionne la capacité à réellement améliorer les résultats scolaires des élèves. Des moyens supplémentaires, certes octroyés par le recteur, semblent se heurter à la réalité du terrain, où le manque de formation des équipes pédagogiques demeure un souci majeur.
Les mesures envisagées se heurtent à la complexité des *besoins individuels*. Des questions se posent, telles que :
- Ces groupes de niveau assureront-ils réellement une montée en compétence des élèves ?
- Les enseignants seront-ils suffisamment préparés à gérer ces nouvelles dynamiques de groupe ?
- La concentration des ressources dans ces établissements ne nuira-t-elle pas aux autres collèges ?
Quels sont les enjeux d’un redéploiement des moyens par le ministère ?
Dans le but de soutenir les établissements à faibles résultats, le ministère a élaboré un modèle de redéploiement des ressources qui pourrait avoir des conséquences dramatiques sur l’ensemble du système éducatif. En s’appuyant sur cette organisation spécifique, l’État pourrait privilégier des établissements sans tenir compte des critères sociaux. Une telle approche détourne les fondements mêmes de l’Éducation prioritaire, qui devrait répondre aux *besoins des élèves en difficulté* prioritairement.
Par conséquent, *l’altération des critères de financement* pourrait mener à une situation où les élèves des collèges non ciblés sont laissés à l’abandon. Un décalage entre les priorités affichées et les véritables besoins des établissements pourrait donc conduire à des inégalités plus marquées, affaiblissant ainsi l’ensemble du système éducatif.
Comment le gel de la carte d’Éducation prioritaire influence-t-il cette situation ?
Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a ouvertement reconnu que la carte de l’Éducation prioritaire ne correspond plus aux réalités actuelles. Cependant, la volonté de geler cette révision jusqu’en 2027 soulève d’importantes préoccupations. Cette *inertie* dans l’actualisation des critères d’éligibilité pour l’Éducation prioritaire risque de ne pas tenir compte des besoins croissants d’établissements en difficulté, et cela au moment où une réforme s’impose en profondeur.
Le report de cette révision pourrait avoir des répercussions sur l’identité même de l’Éducation prioritaire. En gardant une carte figée, on ne répond plus aux véritables enjeux et on alimente un *sentiment d’injustice* parmi les enseignants et les élèves. Les établissements qui se sont démultipliés pour s’adapter à des nouvelles configurations sont ainsi laissés dans le flou, ne sachant comment naviguer dans cet environnement éducatif de plus en plus chaotique.
Quelles voix s’élèvent contre ce plan ?
Face à ces changements, plusieurs *sindicalistes* ont exprimé leurs désaccords et leurs inquiétudes quant aux implications du plan des « 800 collèges ». Le SNES-FSU, entre autres, demande une véritable révision de la carte d’Éducation prioritaire, arguant qu’elle devrait s’étendre à des critères plus équitables et transparents qui répondraient aux besoins réels des établissements. La dynamique de *mobilisation* s’accentue auprès des éducateurs, des parents et des élèves qui ressentent les effets dévastateurs de ces choix politiques.
Les arguments avancés par ces organisations montrent une volonté de préserver l’intégrité de l’éducation publique. Les revendications sont clairement établies en faveur :
- D’une reconnaissance des *personnels* par des indemnités conséquentes
- D’une proposition de moyens horaires renforcés
- De groupes de travail permettant des concertations entre les enseignants
Le plan des 800 collèges constitue une véritable menace pour l’avenir de l’Éducation prioritaire. Alors que les établissements les plus défavorisés ont besoin de soutien et d’investissements adaptés, cette initiative semble réorienter les ressources sans prendre en compte les enjeux réels des territoires. Les groupes de niveau, bien que présentés comme une mesure spécifique bénéfique, risquent d’accentuer encore davantage les inégalités entre les élèves.
Les dotations conditionnées, promises en fonction des résultats au DNB en mathématiques et en français, se révèlent insuffisantes et déroutantes. En effet, en détournant les moyens habituellement alloués aux réseaux d’éducation prioritaire, le ministère s’engage dans une direction qui ne répond pas aux véritables besoins des élèves les plus vulnérables. Ce nouvel audit ne doit pas servir de prétexte pour maintenir l’éducation prioritaire dans l’oubli.
En parallèle, la congélation de la carte d’Éducation prioritaire soulève de nombreuses interrogations sur l’égalité des chances. Ignorer la nécessité d’une révision permettrait de maintenir des élèves et des établissements dans une état de précarité. C’est pourquoi le SNES-FSU exige une révision de cette carte, afin d’assurer une véritable prise en compte des besoins des établissements scolaires en souffrance.



